analyse des résultats étape 2

Déploiement des points de vue au fil du temps des séances

Dans l'ensemble de l'analyse, si les valeurs varient entre les praticiens, les points de vue dominants ainsi que les mouvements généraux sont très semblables au fil du déroulement de la séance. 

Le détail des données est accessible sur la page mise en forme des données étape 2.

Voici en résumé les points marquants concernant l'ensemble des praticiens de cette étude.

1.      Le premier quart voit dominer l'usage du point de vue du phénomène et en moindre mesure celui de la création

2.      Le second quart voit une nette augmentation des points de vue de la création et une baisse de l'usage du point de vue du phénomène. Ces deux points de vue restant tout de même dominants.

3.      Dans les second et troisièmes quarts, il y a une augmentation légère des points de vue de l'inter relationnel, de l'intrapsychique et, parfois, du champ.

4.      Le troisième quart est marqué par la poursuite de l'investissement important du point de vue de la création, parfois même en augmentation. Le point de vue du phénomène baisse et celui de l'intrapsychique augmente.

5.      Au quatrième quart, le point de vue intrapsychique augmente nettement pour devenir le point de vue dominant. Les points de vue de la création et du phénomène baissent.

6.      Les points de vue du phénomène et de l'intrapsychique semblent se déployer de manière inverse et opposée entre début et fin de séance.

Etude des styles des praticiens 

Selon cette étude de l’usage différentiel des points de vue au fil des séances, il est possible d’aborder la différence des styles des praticiens, qui devient compréhensible et bien perceptible. Le style apparaissant comme étant très lié au rythme différent de l’usage des mêmes ingrédients, ici les points de vue. 

Les praticiens 4 et 5 ont des styles qui se ressemblent beaucoup, ce qui ne nous étonne pas puisqu'ils  travaillent dans le même service du même hôpital.

Le premier quart voit dominer légèrement le point de vue du phénomène; les points de vue de l'intrapsychique et de la création étant bien présents.

Le second quart voit dominer le point de vue de la création, l'intrapsychique n'étant pas loin.

Le troisième quart voit dominer l'intrapsychique, le point de vue de la création n'étant pas loin pour le praticien 5.

Le quatrième quart laisse voir le point de vue intrapsychique comme dominant nettement.

On peut émettre l'idée que pour ces praticiens, l'enracinement de l'art dans les théories intrapsychiques semble important. Elles terminent presque toujours leurs séances selon ce point de vue, notamment en terme d'intrapsychique du thérapeute (contretransférentiel), comme en une sorte d'aboutissement logique de la démarche.

Les praticiens 2 et 3 ont également des styles assez ressemblants, mais selon un axe différent:

Le premier quart est dominé par le point de vue du phénomène.

Le second quart par le point de vue inter relationnel.

Le troisième quart par les points de vue inter relationnel et de la création.

Le quatrième quart voit ici une différence, le praticien 2 mettant l'accent sur le point de vue intrapsychique d'abord et secondairement celui de la création. Le praticien 3 mettant l'accent sur le point de vue de la création, le point de vue intrapsychique venant en second.

Pour ces deux praticiens, le point de vue du phénomène ouvre les séances avec grande amplitude, pour chuter nettement ensuite. Assez rapidement le point de vue inter relationnel et celui de la création dominent l'appréhension des praticiens. Le point de vue intrapsychique apparaît également dans le quatrième quart, mais pas de manière dominante.

Le ressourcement principal de l'art-thérapie semble ici se réaliser sur les courants thérapeutiques de la relation et de l'interrelation.

Les praticiens 1 et 6 demandent un commentaire particulier qui est issu d'un hasard bienheureux. Le praticien 1 a écrit ses cas au début du processus de recherche, le praticien 6 vers la fin, son atelier n'ayant ouvert ses portes qu'en cours de recherche. Or, selon notre désir d'impliquer fortement le terrain dans le recherche et de ne pas isoler l'équipe de recherche duterrain, le praticien 1 a été membre de l'équipe de recherche;  le praticien 6, lui, étant proche de l'équipe de recherche et travaillant parfois avec le praticien 1.

Cela est tout à fait cohérent avec le choix méthodologique de notre recherche qui voulait impliquer fortement les praticiens, sur lesquels nous nous sommes toujours, en cas de doute, appuyés pour attribuer les points de vue aux textes des présentations. Ces praticiens ont été influencés par nos élaborations théoriques réalisées en cours de recherche.

Nous nous attendions, bien évidemment, à une telle évolution, elle nous a surpris par son ampleur.

Entre ces deux praticiens, au premier quart, le point de vue du phénomène domine, les points de vue de la création et de l'interrelation suivant de près pour le praticien 1.

Dans le second quart, le point de vue du phénomène domine encore, le point de vue de la création venant ensuite pour le praticien 1.

Le troisième quart voit dominer les points de vue de la création. Le praticien 1 y ajoute celui de l'interrelation, le praticien 6 celui du phénomène.

Le quatrième quart voit dominer le point de vue de la création, le praticien 6 y ajoutant celui du champ.

Le praticien 1 est marqué par le point de vue inter relationnel

Le praticien 6 par celui du phénomène et du champ

Le praticien 1 utilise le point de vue de la création au début

Le praticien 6 l'utilise en fin de séance

Le praticien 1 utilise le point de vue intrapsychique à la fin

Le praticien 6 utilise celui du champ à la fin.

Cela nous indique quelques perspectives quant à l'influence qu'une telle recherche peut avoir sur l'évolution du style d'un praticien. Cela peut aussi nous donner à penser sur le fait que ces praticiens, qui ont vécus de l'intérieur la recherche et les élaborations théoriques des chercheurs sur les points de vous spécifiques à la poïétique, ont utilisé de plus en plus les points de vue du champ et du phénomène

Cette deuxième étape d'analyse de nos résultats nous permet d'aller plus loin encore que lors de la première étape dans la formulation du concept de point de vue, en voici quelques fruits:

-         Le concept de point de vue nous semble toujours aussi réel et utile.

-         Les points de vue ne sont pas pratiqués de manière uniforme au fil de chaque séance par  chaque praticien. Par contre des dominantes par quartier de séance sont belle et bien présentes.

-         Les premiers et quatrième quarts ont une cohérence la plus marquée d'usage des points de vue entre les 6 praticiens. Les second et troisième quarts plus varié, mais, pris ensemble, on retrouve les même points de vue et les mêmes mouvements. Ils sont dotés d'une plus grande labilité et variation entre les praticiens.

-         Des styles personnels prennent corps, comme dans la première étape de l'analyse de recherche, avec une régularité au fil des 5-6 cas présentés par chaque praticien. Ces styles sont compréhensibles par le concept de point de vue.

-         Les points de vue du phénomène et du champ ont augmenté chez les praticiens les plus proches de l'équipe de recherche.